Guitares José Ramírez

José Ramírez est l’une des plus prestigieuses firmes de guitare du monde. Son atelier a été composé de guitaristes du monde entier, classiques et flamands, tout au long de son histoire: Paco de Lucia, Manolo Sanlúcar, Narciso Yapes, Serranito… parmi beaucoup d’autres.

Guitares José Ramírez : histoire d’une dynastie majeure de la guitare espagnole

Découvrez l’histoire de l’une des maisons les plus emblématiques de la lutherie espagnole : son histoire, ses personnages, les initiales de ses guitares… tout !

José Ramírez I (1858-1923) : fondateur de la dynastie Ramírez

José Ramírez I, né à Madrid en 1858, fut le fondateur de la dynastie Ramírez. Il commença sa formation comme apprenti à l’âge de 12 ans dans l’atelier de Francisco González, l’un des luthiers les plus importants de la Carrera de San Jerónimo. Au début des années 1880, il s’installa à son compte et ouvrit son propre atelier au Rastro de Madrid, avant de déménager en 1890 rue Concepción Jerónima, où la famille poursuivit son activité pendant plus d’un siècle.

Ramírez I ne fut pas seulement un luthier remarquable, mais aussi un maître important de l’École de Madrid. Il forma des figures clés telles que son frère Manuel Ramírez, son fils José Ramírez II, ainsi que de nombreux artisans qui développèrent ensuite leurs propres carrières, comme Enrique García ou Alfonso Benito. Son influence en fit l’une des figures centrales de la guitare espagnole du XIXe siècle, dans la lignée d’Antonio de Torres.

Face aux limitations de volume des guitares de l’époque, notamment dans des contextes comme les cafés cantantes et les premiers tablaos flamencos, il développa la « guitare de tablao », un modèle conçu pour améliorer la projection sonore. Ce design serait fondamental pour l’évolution ultérieure de la guitare flamenca, car son frère Manuel s’en inspira pour créer de nouveaux patrons qui contribuèrent à consolider l’instrument moderne.

Son héritage fut si influent que même des guitares associées à de grands interprètes comme Agustín Barrios reprenaient ce même patron de « guitare de tablao », ce qui démontre l’importance historique de son design et son impact sur l’évolution de la guitare espagnole.

Manuel Ramírez (1864-1916) : disciples et évolution de la guitare flamenca

Manuel Ramírez de Galarreta y Planell est né en 1864 à Alhama de Aragón, bien qu’il ait principalement grandi à Madrid. Il apprit le métier de luthier auprès de son frère aîné, José Ramírez I, et à l’âge de 27 ans il décida de devenir indépendant en 1891.

Il avait initialement prévu de s’installer à Paris avec le soutien de son frère, mais il ouvrit finalement son propre atelier dans la rue Cava Baja à Madrid. Cette décision provoqua de fortes tensions entre les deux frères, dont la cause exacte n’a jamais été éclaircie de leur vivant.

Manuel fut nommé luthier du Conservatoire royal de Madrid et poursuivit l’héritage initié par José I, formant certains des plus importants luthiers de l’histoire, parmi lesquels Santos Hernández, Domingo Esteso et Modesto Borreguero (dont nous avons une guitare en stock, CLIQUEZ POUR VOIR), qui deviendront des figures clés de la lutherie espagnole.

Bien qu’il ait commencé par construire la “guitare de tablao” conçue par son frère, il développa avec le temps son propre patron, devenu l’un des modèles fondamentaux de la guitare flamenca moderne et repris ensuite par ses disciples. Vous pouvez voir ci-dessous l’une des “guitares de tablao” actuellement disponibles sur notre site.

Vers 1912, il fut protagoniste d’une anecdote célèbre lorsqu’un jeune guitariste inconnu visita son atelier et essaya une guitare. Il s’agissait d’Andrés Segovia, à qui Manuel offrit l’instrument à condition qu’il le fasse voyager à travers le monde. Cette guitare, ensuite réparée par Santos Hernández, est aujourd’hui conservée au Metropolitan Museum of Art de New York.

José Ramírez II (1885-1957) : consolidation de l’atelier familial

José Simón Ramírez de Galarreta y Pernías, né en 1885, grandit dans l’atelier de son père et apprit très jeune le métier de luthier, tout en développant également sa carrière de guitariste. À l’âge de 20 ans, il fut engagé pour effectuer une tournée de deux ans en Amérique du Sud, qui dura finalement près de deux décennies, car après la dissolution de l’ensemble avec lequel il voyageait, il décida de s’installer à Buenos Aires.

Durant son séjour en Argentine, il rencontra Blanca, avec qui il fonda une famille et eut deux enfants, José et Alfredo. En 1923, après le décès de son père, il retourna à Madrid et, deux ans plus tard, prit la direction de l’atelier familial situé rue Concepción Jerónima.

À cette époque, l’atelier disposait d’une organisation structurée avec des compagnons et apprentis tels qu’Alfonso Benito, Antonio Gómez, Marcelo Barbero et Manuel Rodríguez « Marequi », chargé du vernissage. Sous sa direction, José Ramírez II consolida le prestige de la marque et obtint la Médaille d’Or à l’Exposition ibéro-américaine de Séville en 1923.

Cependant, cette période fut également marquée par des difficultés, notamment après la guerre civile espagnole, lorsque la pénurie de bois et de matériaux affecta fortement la production. Cette situation provoqua des tensions avec son fils, José Ramírez III, lorsque celui-ci commença à introduire des innovations dans l’atelier.

José Ramírez III (1922-1995) : innovations dans la guitare moderne

José Ramírez III, né en 1922 à Madrid, commença à travailler dans l’atelier familial à l’âge de 18 ans, où il se distingua rapidement jusqu’à devenir compagnon de premier rang. Très tôt, il manifesta un fort intérêt pour la recherche et l’innovation, avec pour objectif de développer la guitare comme instrument de concert.

Ses expériences furent toutefois limitées par la pénurie de matériaux et provoquèrent des tensions avec son père, car nombre de ses prototypes étaient vendus sans pouvoir en assurer un suivi adéquat. Malgré cela, il poursuivit ses recherches, notamment après la mort de son frère Alfredo en 1954, qui avait été son principal soutien.

Parmi ses contributions les plus importantes figure l’introduction du cèdre rouge pour la table d’harmonie en 1965, une innovation d’abord critiquée mais qui fut ensuite adoptée dans le monde entier. Il développa également de nouveaux vernis plus avancés que la gomme-laque traditionnelle, améliorant à la fois la protection et les performances acoustiques de l’instrument.

Il expérimenta différentes longueurs de diapason, établissant le standard de 664 mm pour son équilibre entre projection et confort, tout en développant également, avec son fils José Ramírez IV, des modèles plus accessibles de 650 mm. Il conçut aussi des innovations comme la guitare de chambre, destinée à améliorer la clarté du son en enregistrement, ainsi que des guitares à 10 cordes en collaboration avec Narciso Yepes, et des modèles à 8 cordes avec José Tomás.

Son héritage est fondamental dans l’évolution de la guitare moderne, faisant de lui l’un des luthiers les plus influents du XXe siècle grâce à son approche innovante et sa recherche constante d’amélioration sonore et structurelle.

José Ramírez IV (1953-2000) : tradition et évolution technique

José Ramírez IV est né à Madrid en 1953 et commença sa formation comme apprenti dans l’atelier familial à l’âge de 18 ans. En 1977, il fut nommé compagnon de premier rang, consolidant ainsi son apprentissage dans la tradition artisanale familiale.

En 1979, il construisit une guitare choisie par Andrés Segovia, bien que le guitariste ne connaisse pas l’identité du jeune auteur, les instruments étant encore signés au nom du maître de l’atelier à cette époque. Ému, Ramírez IV offrit la guitare à Segovia, qui l’utilisa lors de nombreux concerts jusqu’à la fin de sa carrière.

À partir des années 1990, il développa et perfectionna les modèles hérités de son père, distinguant clairement le « Modèle Traditionnel », qui conservait le son classique des années 1960, et le « Modèle Spécial », conçu pour offrir un son plus clair et plus direct, adapté aux nouvelles tendances, et pleinement consolidé en 1992.

Sa contribution s’est concentrée sur l’évolution technique de la guitare, améliorant le confort, la stabilité et la résistance des instruments, réduisant les problèmes structurels liés aux mouvements du bois et adaptant la construction aux besoins des musiciens contemporains.

Amalia, José Enrique et Cristina Ramírez : les guitares José Ramírez aujourd’hui

Aujourd’hui, l’atelier et la boutique de guitares José Ramírez sont dirigés par Amalia Ramírez, fille de José Ramírez III et sœur de José Ramírez IV, aux côtés de ses enfants José Enrique et Cristina. La boutique est située Calle de la Paz nº8, et l’atelier se trouve Calle del General Margallo 10 à Madrid.

Initiales sur les guitares Ramírez : disciples de José Ramírez III

Voici la liste officielle des disciples de José Ramírez III. Elle indique les initiales avec lesquelles ils étaient autorisés à signer leurs guitares :

  • Manuel Alonso Giménez : MAG, plus tard nº 18
  • Cayetano Álvarez Luna : Il n’utilisait pas ses propres initiales. Lorsqu’il fabriquait des guitares, il utilisait celles de Pedro Contreras : « PC ».
  • José Luis Álvarez Mariblanca : JLA, plus tard nº 15
  • Paulino Bernabé Almendáriz : PB
  • Carlos Blanco Peña : CB, plus tard nº 20
  • Manuel Cáceres Pizarro : MC, plus tard nº 8
  • Enrique Borreguero Marcos : EB, plus tard nº 17
  • Alfonso Contreras Valbuena : AC, plus tard nº 7
  • Pedro Contreras Valbuena : PC - Il partageait ses initiales avec Cayetano Álvarez.
  • José Flores Duró : JF, plus tard nº 3
  • Juan García Rey : JG, plus tard nº 9
  • Manuel González Contreras : MG
  • Pedro Jiménez Posadas : PJ, plus tard nº 16. Son nom de famille est Jiménez, et non Giménez ; de plus, son prénom est Pedro, et non Manuel d’après ce que je sais.
  • José López Cubillo : JL, plus tard nº 12
  • Carmelo Llerena Martínez : CLL, plus tard nº 4
  • Miguel Malo Martínez : MM, plus tard nº 1
  • Félix Manzanero Cabrera : FM (jusqu’en 1965)
  • Pedro Manzanero Cabrera : Il n’avait pas d’initiales car il n’a jamais fabriqué de guitares. On ne peut pas le considérer comme un disciple dans la fabrication de guitares, bien qu’il le soit dans la construction de bandurrias et de luths.
  • Ignacio Manzano Rozas : I M
  • Antonio Martínez Ortega : AM
  • Julián Moraga Rodríguez : JM, plus tard nº 19
  • Fernando Morcuende de Cruz : FM, plus tard nº 5 (après 1968)
  • Ramón Peñalver Soler : Bien qu’il ait été son premier disciple, il en va de même pour lui que pour Pedro Manzanero.
  • Teodoro (Goyo) Pérez Mariblanca : GP, plus tard nº 13
  • José Romero Garrido : JRG, plus tard nº 14
  • Manuel Rodríguez Fernández : Il n’était pas un disciple de José Ramírez III ; il était son collègue de travail, mais il est parti avant que Ramírez III ne développe toutes ses innovations. Il fut disciple de José Ramírez II.
  • Arturo Sanzano Moreno : AS, plus tard nº 6
  • Mariano Tezanos Castro : MTC, plus tard nº 10. Il a également utilisé les initiales « MT », mais avec le « T » inversé afin de se distinguer de son père.
  • Mariano Tezanos Martín : MT, plus tard nº 2
  • Juan Miguel Guardiola Moreno : MAG, plus tard nº 11
  • José Ramírez IV : 0. Il n’utilise généralement pas d’initiales. Au début, sur certaines guitares, il a utilisé « O ». S’il devait en utiliser, ce serait : JER.
  • Amalia Ramírez : Elle n’utilise pas non plus d’initiales sur ses guitares. Si elle devait en utiliser, ce serait : AR.

Nous disposons actuellement de plusieurs guitares de la maison José Ramírez, parmi lesquelles nous souhaitons mettre en avant celle-ci, construite en 1968 en cèdre et palissandre du Brésil. Elle est accompagnée de sa facture originale de l’époque ainsi que du certificat CITES correspondant au palissandre.