
Santos Hernández naquit à Madrid en 1873.
En 1905, il faut embauché par Manuel Ramírez comme chef de l’atelier de guitares, remplaçant ainsi Enrique García qui était parti à Barcelone.
Santos Hernández semble être le luthier qui construisit la célèbre guitare que Manuel Ramírez remit à Andrés Segovia en 1912. Quand Manuel Ramírez mourut en 1916, Santos continua à travailler pour sa veuve jusqu’en 1920.
En 1921, Santos ouvrit son propre atelier au 23, rue Aduana, dans le centre de Madrid. Ce fut un luthier très réservé quant à ses arts et techniques de construction et il refusa toujours de transférer son savoir à qui que ce soit.
De grands guitaristes classiques de l’époque jouèrent des guitares de Santos Hernández comme Luis Sánchez Granada, Regino Sainz de la Maza, Quintín Esquembre, ainsi que des guitaristes flamencos tels que Ramón Montoya, Niño Ricardo, Sabicas, Esteban de Sanlúcar, Manolo de Huelva, Manolo de Badajoz, etc.
Après sa mort en 1943, sa veuve continua à diriger la boutique et engagea Marcelo Barbero comme luthier.
On estime que, de 1916 à sa mort, il construisit presque 300 guitares.
Santos Hernández, l’un des grands maîtres de la guitare espagnole, a laissé un héritage indélébile tant dans le monde classique que flamenco. De ses premières années comme apprenti à Madrid jusqu’à l’ouverture de son propre atelier dans la Calle Aduana...
Certaines figures de l’histoire de la guitare n’ont pas seulement construit des instruments : elles ont façonné le son d’une culture musicale entière. Santos Hernández en faisait partie. Il n’était ni un luthier médiatique ni particulièrement prolifique, mais sa sensibilité acoustique et sa compréhension du moment musical en Espagne ont fait de lui l’une des figures majeures de l’évolution de la guitare flamenca et classique au XXe siècle. Sans aucun doute, Santos Hernández se place aux côtés de D. Antonio de Torres et Hermann Hauser comme l’une des références incontournables de la construction de guitare dans l’histoire.
Comprendre sa carrière, c’est comprendre comment la guitare est passée de l’accompagnement du chant dans les cafés-cantantes à un instrument soliste doté d’une identité propre.
Né à Madrid en 1873, Santos commença sa carrière comme apprenti dans l’atelier du luthier Valentín Viudes. Après un bref passage, il partit à Grenade pour travailler avec José Ortega, puis retourna rapidement à Madrid pour collaborer avec Saturnino Rojas et dans la célèbre boutique de Francisco González.
En 1893, Santos fut recruté et affecté à une unité d’artillerie, effectuant cinq ans de service militaire et participant ensuite à la guerre hispano-américaine à Cuba.
En 1905, il fut engagé par Manuel Ramírez comme contremaître pour remplacer Enrique García, parti à Barcelone pour ouvrir son propre atelier. Après le décès de Ramírez en 1916, Santos continua à travailler pour sa veuve jusqu’en 1920. Plusieurs des instruments construits à cette époque portaient les initiales S.H. ou D.E. dans un coin de l’étiquette. Enfin, en 1921, il ouvrit son propre atelier au Calle Aduana nº 27 à Madrid, qui devint un point de rencontre pour les meilleurs guitaristes de l’époque, classiques et flamencos : Miguel Llobet, Andrés Segovia, Daniel Fortea, Ramón Montoya, Sabicas et Luis Molina, entre autres.
Bien qu’il travaillât encore pour la veuve de Ramírez, en 1918 Santos Hernández ouvrit sa propre boutique à Madrid, tout en continuant à honorer ses engagements envers elle. Les guitares de cette période portent l’étiquette avec l’adresse Plaza de Nicolás Salmerón, jusqu’à l’ouverture de son atelier définitif en 1921 au Calle Aduana 27, puis au nº 23 à partir de 1931.
La réputation de Santos Hernández s’est considérablement accrue lorsqu’on a découvert qu’il était le véritable artisan de la guitare de 1912 signée par Manuel Ramírez, l’instrument que Andrés Segovia utiliserait pendant une grande partie de sa carrière.
L’histoire de cette guitare fait désormais partie de la légende de la guitare espagnole.
Segovia n’avait que 18 ans lorsqu’il arriva à l’atelier de Manuel Ramírez à Madrid. Il avait voyagé depuis Cordoue pour donner un concert, mais il n’était pas satisfait de l’instrument qu’il possédait. Il avait besoin d’une guitare capable de répondre à ses ambitions artistiques.
Il proposa quelque chose d’inhabituel pour l’époque : louer le meilleur instrument disponible, avec l’option de l’acheter plus tard s’il correspondait à ses attentes. Alors qu’il était courant de louer des pianos, louer des guitares n’était pas courant.
Ramírez accepta d’examiner la proposition et demanda à Santos Hernández d’apporter une guitare récemment construite pour un musicien nommé Manjón, qui avait rejeté l’instrument après avoir critiqué son volume, son sustain et certains détails d’exécution.
Selon le récit ultérieur de Segovia, lorsque ce client méprisa la guitare, Ramírez fut profondément indigné et préféra ne pas la vendre plutôt que d’en diminuer la valeur.
Lorsque Segovia essaya l’instrument, l’histoire prit une tournure inattendue. En entendant le jeune guitariste jouer, Ramírez reconnut son talent et décida de lui offrir la guitare. Cette Ramírez de 1912 serait utilisée par Segovia pendant environ vingt-cinq ans.
Bien qu’elle portât l’étiquette de Manuel Ramírez, la plupart des spécialistes s’accordent à dire que sa construction fut principalement l’œuvre de Santos Hernández.

En 1922, Segovia retourna à l’atelier de Santos Hernández pour faire réparer cette célèbre guitare. Conscient qu’il en avait été le constructeur original, Santos suggéra de remplacer l’étiquette originale par la sienne.
Segovia refusa ce changement, mais permit à Santos d’ajouter une étiquette supplémentaire à l’intérieur, attestant de la réparation.
Ce détail reflète à la fois l’importance historique de l’instrument et le rôle discret que Santos Hernández occupa pendant des années à l’ombre du nom Ramírez.
La relation entre Santos Hernández et Segovia ne resta pas intacte.
Au milieu des années 1920, Segovia montra à Santos une réplique exacte de la guitare de 1912, réalisée par un luthier suisse. Le guitariste se montra enthousiaste quant aux qualités de cette copie.
À ce moment-là, Santos travaillait sur une nouvelle guitare destinée à Segovia. L’attitude du guitariste fut perçue comme un affront. De plus, il semblait montrer peu d’intérêt pour l’instrument que Santos construisait spécialement pour lui.
La réaction du luthier fut catégorique : il décida de ne pas lui remettre cette guitare et de la conserver. Il la baptisa « La Inédita ».

Des décennies plus tard, dans les années 1970, le neveu de Santos Hernández, Santos Bayón, vendit cet instrument après le décès de la veuve du luthier, en faisant une pièce historique d’une valeur exceptionnelle.
Un autre épisode qui relie directement Santos Hernández à la grande histoire de la musique espagnole est la première du Concerto d’Aranjuez.
En 1940, le guitariste Regino Sainz de la Maza créa l’œuvre de Joaquín Rodrigo à Barcelone en utilisant une guitare construite par Santos Hernández.
Le Concerto d’Aranjuez marqua un tournant dans la projection internationale de la guitare en tant qu’instrument soliste au sein du répertoire symphonique. Que la guitare de Santos ait été présente lors de ce moment historique n’est pas un détail négligeable.
Cela confirme un point fondamental : ses instruments n’étaient pas seulement liés au développement du flamenco moderne, mais également à la consolidation définitive de la guitare dans le domaine classique de concert.
D’une certaine manière, l’œuvre de Santos Hernández a servi de pont entre deux mondes qui avaient évolué en parallèle pendant des décennies : le flamenco et la guitare classique de concert.
Santos Hernández a développé sa formation dans l’environnement guitarrier de la capitale, sous l’influence indirecte de l’héritage de Antonio de Torres.
Sa période dans l’atelier de Manuel Ramírez fut décisive, non seulement pour le perfectionnement technique, mais aussi pour la responsabilité qu’il assumait dans le processus de construction.
Après le décès de Ramírez, il ouvrit son propre atelier à Madrid et consolida son identité de luthier indépendant.
Cette période représente sa maturité :
Parallèlement, l’évolution du flamenco exigeait de nouvelles qualités de l’instrument. La figure de Ramón Montoya fut clé dans ce processus.
La guitare devait projeter davantage, répondre rapidement à l’attaque et conserver la clarté dans le picado et le rasgueado. Santos Hernández sut interpréter ces besoins, et beaucoup considèrent que ses instruments marquent le début du modèle flamenco moderne.
Les guitares de Santos Hernández s’inspirent de la tradition établie par Torres, tout en développant un caractère propre.
Parmi leurs traits les plus reconnaissables :

Chaque instrument semble conçu pour dialoguer avec le musicien, non pas pour s’imposer par le volume, mais pour offrir contrôle, nuances et musicalité.
Santos Hernández est décédé en 1943. Sa production n’était pas nombreuse, ce qui augmente aujourd’hui la valeur historique de ses guitares.
Son héritage peut se résumer en plusieurs aspects essentiels :
Au-delà de l’anecdote historique ou de la valeur marchande, son importance réelle réside dans sa compréhension que la guitare devait évoluer avec le musicien. Dans ce dialogue silencieux entre constructeur et interprète, Santos Hernández occupe une place irremplaçable.
Parmi les instruments que nous proposons, se trouve une guitare de Santos Hernández. C’est une occasion unique pour ceux qui souhaitent découvrir le son authentique de l’un des grands constructeurs de la guitare espagnole. Plus de détails et de photographies sont disponibles dans notre section de guitares à vendre ou en cliquant sur l’image ci-dessous.